Historique - A voir dans cette rubrique : "Histoire et architecture du LMA et des enfants de troupe"


Histoire et architecture du LMA et des enfants de troupe

Aperçu historique et architectural du Lycée Militaire d’Autun et des Enfants de Troupe

1. Aperçu historique

  • Le séminaire : 1679 – 1789

Le séminaire, qui correspond aujourd’hui à une partie du lycée, date du XVIIe siècle. C’est à l’origine un grand séminaire, qui est fondé en 1675 par l’évêque d’Autun, monseigneur Gabriel de Roquette. Il est achevé en 1679. Les plans du séminaire sont l’œuvre de l’architecte Daniel Gittard. Les jardins, dont il ne reste plus rien aujourd’hui, sont dessinés par André Le Nôtre. Pour diminuer les frais de construction, l’évêque n’hésite pas à utiliser largement les pierres de l’ancien théâtre romain de la ville. Cette construction est considérée, à l’époque, comme un des plus beaux séminaires de France.
Une partie du financement de la construction du bâtiment est obtenue grâce à l’influence de madame de Maintenon sur le roi Louis XIV. C’est la raison pour laquelle l’escalier d’honneur qui part du grand vestibule s’est appelé « escalier de madame de Maintenon » avant de devenir « escalier Turenne ».

  • L’hôpital, la réserve et la prison : 1789 – 1809

La Révolution de 1789 provoque le départ des séminaristes. Le séminaire devient alors un hôpital pour galeux, puis un magasin à grains et à fourrage. Les locaux sont pillés et abritent entre autres, des prisonniers autrichiens puis espagnols.

  • La Maison d’éducation et le petit séminaire : 1809 – 1885

En 1809, la mère Anne-Marie Javouhey y installe des classes mixtes afin de pourvoir à l’éducation des enfants issus de milieux pauvres.
Mais c’est en 1813 que le bâtiment, rendu à l’évêque, devient petit séminaire. Parmi les élèves qui le fréquentent le plus connu est sans conteste Patrice de Mac-Mahon, président de la République de 1873 à 1879.
La guerre de 1870 verra le passage de Garibaldi à Autun et le 1er décembre un duel d’artillerie opposant les canons allemands à ceux de l’armée française installés près du bassin, occasionnera quelques dégâts au séminaire touché de plein fouet par des obus.

  • L’École Militaire Préparatoire de Cavalerie : 1885 – 1921

En 1885 les séminaristes sont une fois encore chassés des lieux car le gouvernement français a décidé de créer à Autun l’École Militaire Préparatoire de Cavalerie.
La loi du 19 juillet 1884 avait ordonné en effet la création de cinq Ecoles Militaires Préparatoires (EMP) afin d’instruire et d’éduquer les enfants de troupe qui, à l’origine, seront essentiellement formés pour être dirigés vers une carrière militaire. Avec le temps et l’évolution de l’institution, ces jeunes fourniront de nombreux cadres au pays.

  • L’École militaire préparatoire d’Autun : 1921 – 1971

A partir de 1921, l’École perd son particularisme d’École de cavalerie en élargissant son enseignement. Elle obtient alors son label d’école secondaire. Dès 1924, elle opte définitivement pour l’enseignement secondaire et prépare les élèves à la première partie du baccalauréat. Le but est alors de les préparer aux concours d’admission des écoles de sous-officiers et d’officiers.
Le 16 juin 1940, l’École militaire préparatoire d’Autun doit se replier et quitter la ville d’Autun.
C’est à cette date qu’un détachement d’élèves, arrivés en fin de seconde, inscrit l’une des pages héroïque de l’Ecole. Sous les ordres de l’adjudant-chef Grangeret, surnommé « le Lion », les enfants de troupe s’illustrent au combat contre une colonne allemande à Toulon-sur-Arroux, avant de rejoindre à cheval leur école, repliée à ce moment-là à proximité de Tulle.
L’école subira en effet une longue errance qui la verra occuper successivement les villes de Billon, Tulle, Chameyrat puis Valence. Elle y devient « École d’Autun » et fonctionne sur ce site jusqu’au 1er septembre 1943, date à laquelle elle déménage vers le camp de Thol (Ain).
A partir du 3 mai 1944 la dissolution de l’École est décidée : les plus jeunes élèves quittent les lieux afin de retrouver leur famille.
A partir du 20 mars 1944 des élèves de math-élém ; de première et de seconde, quatre maitres d’internat et trois enseignants, rejoignent le maquis de l’Ain qui sont à proximité et constituent le camp d’Autun et une unité FFI qui prendra le nom de « compagnie des élèves de l’école d’Autun »
Les enfants de troupe vont participer aux combats de la Libération, en particulier à Ambérieu-en-Bugey, à la Valbonne et à Neuville-sur-Ain.
Le 6 juin les enfants de troupe se distingueront particulièrement en participant à la destruction des cinquante-deux locomotives du dépôt d’Ambérieu en Bugey. Ce coup de main rentrera dans l’histoire comme le plus grand sabotage ferroviaire réalisé en France par la résistance
Au cours de ces combats, le jeune Bernard Gangloff est grièvement blessé et décède à 18 ans le 14 juillet 1944 des suites de ses blessures. C’est au total une quinzaine d’enfants de troupe qui seront tués dans les combats du maquis de l’Ain. En 1985, le nom de Gangloff est donné au Lycée.

Le 20 décembre 1944, l’École retrouve Autun et se développe en ouvrant de nouvelles classes de terminales et, en 1951, en créant la « corniche Mac-Mahon » assurant la préparation du concours à l’ESM de St-Cyr installée à Coëtquidan (avec l’option histoire-géographie).
Cette corniche est supprimée en 1965, puis réactivée en 1970. En 1999, elle perd l’appellation de « corniche » et devient « compagnie des classes préparatoires ».

Au printemps 1956, venus de la lointaine Indochine, 277 enfants de troupe de Dalat s’installeront dans les locaux de la caserne Changarnier en bas de la ville d’Autun.
Depuis 1958 cette caserne regroupe les élèves du 1er cycle qui à l’issue de la classe de 3e monteront à « la Grande Ecole ».

  • Le collège puis le lycée militaire : de 1971 à nos jours

L’EMP prend la dénomination de « collège militaire » en 1971, puis de « lycée militaire » en 1983.
Les classes du 1er et 2e cycle accueillent des filles en 1982 et en 2000 dans ses classes préparatoires.

2. Les enfants de troupe

Dans l’Ancien Régime un « enfant de troupe » désignait un garçon, âgé de 13 à 18 ans, dont le père était sous-officier (appelé « bas-officier » à l’époque) ou soldat et qui suivait la troupe, en compagnie de sa famille. Contrairement aux enfants d’officiers qui bénéficiaient des écoles pour être formés au métier des armes, ces enfants n’avaient aucun moyen de recevoir une formation militaire autre que celui de s’engager en tant que soldat.
Le 1er mai 1766, une ordonnance de Louis XV avait déjà amélioré leur sort en imposant que dans chaque compagnie ou escadron de chaque régiment de l’armée royale, deux postes budgétaires soient désormais réservés aux fils de bas-officiers ou de soldats.
Bonaparte, Premier Consul, dans un arrêté promulgué en 1800 consacre, entre-autres, officiellement l’appellation enfant de troupe.
Durant la première guerre mondiale tous les enfants de troupe partent, dès l’âge de 17 ans, relever leurs aînés sur le front. Pour l’EMP d’Autun 154 d’entre eux tombent au champ d’honneur et au cours du XXe siècle, plus de 500 élèves, ou anciens élèves, sont « tombés au champ d’honneur » justifiant pleinement la devise de l’école :

« Pour la Patrie, toujours présents »}

Un ancien enfant de troupe (AET) est donc à l’origine un ancien élève d’une école militaire préparatoire et aujourd’hui d’un lycée de la défense, lycée militaire ou collège militaire.
Au total, 13 écoles militaires préparatoires ont été créées en métropole, une à la Réunion, trois en Algérie française, une en Indochine française et dix en Afrique noire française de 1956 à l’indépendance des pays considérés.

3. Description architecturale des deux emprises du Lycée militaire d’Autun

Le quartier Gangloff

  • A l’exception des trois escaliers principaux, il ne reste quasiment rien de l’agencement et du décor intérieur de l’époque du grand séminaire. Seule la rénovation de l’actuel musée des enfants de troupe installé dans l’ancienne chapelle du séminaire, a permis de retrouver des éléments qui constituaient non seulement cette chapelle, mais également la crypte qui abritait la chapelle basse et les caveaux funéraires qui recueillaient les dépouilles d’ecclésiastiques. L’escalier en bois, dit « escalier Soult », verra son plafond décoré en 1856 d’une peinture exécutée par un peintre autunois en souvenir de la première communion de son fils. Cette peinture représente une Vierge debout sur un globe, foulant aux pieds un serpent, ainsi que deux anges, dont l’un balance un encensoir et l’autre effeuille des roses et des lys.
  • De l’époque de l’école de l’EMP de cavalerie il ne reste qu’une sculpture d’une tête de cheval située au dessus du porche qui mène au cloitre. On peut toutefois rappeler que l’actuelle cour des classes préparatoires regroupait les écuries et que l’actuel gymnase servait de manège.
  • En 1853 une galerie reliant les pavillons nord et ouest est construite afin d’accroitre la capacité d’accueil des enfants. Cette galerie est réalisée grâce à un legs fait par madame d’Héricourt qui laissera son nom à cet ouvrage. Cette galerie qui ferme le cloitre sera agrémentée en 1860 par la construction de portiques sur les 4 cotés afin d’abriter les enfants des intempéries.
  • Au milieu du cloitre se situe une statue de la Vierge Marie et l’Enfant Jésus, datant de 1861 et signée de l’artiste Montigny.
  • En 1955, le général Kœnig, ministre des armées, inaugure le monument aux morts dédié à la mémoire de tous les anciens enfants de troupe morts pour la France.
  • En 1985, le général René Imbot, chef d’état-major de l’armée de terre et ancien élève d’Autun, inaugure le musée de tradition des anciens enfants de troupe.

Au fronton de l’aile gauche du cloître, au-dessus de l’horloge, se trouve le sceau de monseigneur de Roquette sculpté peu avant la guerre franco-allemande de 1870. Le cloître est orné d’un toit bourguignon à tuiles vernissées.

La caserne Changarnier

Située aux lisières nord de la ville, la caserne Changarnier est construite en 1875.
Cette construction est un casernement de bataillon d’infanterie du 19e siècle, de type archétypale dont il reste à ce jour très peu d’exemples encore en l’état.
Elle comprend 26 baraquements (principalement destinés au logement des officiers et des soldats à l’époque) dont les toitures aux charpentes métalliques sont de type Tollet (du nom de l’architecte ingénieur Casimir Tollet, spécialisé dans les ossatures métalliques dans le cadre de constructions de bâtiments civils et religieux ainsi que d’hôpitaux militaires de campagne démontables mais avec le même système de charpente ogivale), une dizaine de dépendances, pour le stockage du matériel, les cuisines et le réfectoire. L’ensemble est baptisé du nom de Nicolas Changarnier, né à Autun le 26 avril 1793, qui a fait une brillante carrière militaire que ce soit au cours de l’expédition d’Espagne de 1823, de la conquête de l’Algérie puis durant la guerre de 1870.
La caserne est occupée, dès l’origine, par le 29e de Ligne. Plus tard, elle abrite un centre de mobilisation ainsi qu’un centre de perfectionnement.

4. Les décorations du drapeau

  • Légion d’honneur (croix de chevalier).
  • Croix de guerre 1914-1918 avec citation à l’ordre de l’armée.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec citation à l’ordre de l’armée.
  • Croix de guerre des TOE (1955) avec citation à l’ordre de l’armée.
  • Médaille de la Résistance (avec rosette).

Documents



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