Deux aspirants à FR3 Bourgogne-Franche Comté
5 et 6 mars 2018

Les 5 et mars 2018 ,nous avons passé deux jours en immersion au sein de France3 Bourgogne, à Dijon. Ce fut l’occasion de découvrir les coulisses de la télévision, et en particulier du JT.

Tout d’abord, nous avons assisté à la conférence de rédaction. C’est là que l’on décide des sujets qui seront abordés au journal télévisé du midi et du soir. En effet, les différents participants (rédacteurs, journalistes reporter d’images, scriptes, documentalistes) discutent des sujets pertinents et de l’aspect sous lesquels les aborder, avant d’établir un plan du JT et de décider des titres. Leur contrainte majeure est le temps : l’antenne régionale dispose d’une durée précise à la seconde près pour le JT régional. Il faut donc choisir un nombre de sujets cohérent avec le temps. Cette réunion est conduite par le rédacteur en chef qui distribue la parole et fait avancer la discussion. Le but est d’être rapide et efficace : la réunion est à 9h et le premier journal à midi ! Ainsi, les rédacteurs et journalistes reporter d’images (JRI) partent au fur et à mesure, dès qu’un sujet leur est attribué.

Nous avons ensuite pu suivre un rédacteur et un JRI sur le tournage du portrait croisé de deux avocates : l’une vient de prêter serment et l’autre totalise déjà plus de 40 ans de métier. Nous avons été impressionnées par tous les paramètres que doivent prendre en compte les journalistes. Il faut tout d’abord faire attention à diversifier les images : il est important d’avoir des plans variés pour couper facilement et faire des transitions esthétiques au montage. Il est également nécessaire de gérer le stress des personnes interviewées. En effet, il n’est pas toujours facile de rester naturel devant une caméra, et de faire semblant de travailler alors qu’on vous filme pendant 10 minutes sous tous les angles ! Enfin, le rédacteur nous explique que lors d’un tournage, il a déjà un premier plan du sujet en tête, afin de poser les bonnes questions et prendre les images nécessaires : mieux vaut trop d’images que pas assez.

En rentrant de tournage, le rédacteur rapporte entre 20 minutes et 1 heure d’image pour un sujet d’environ 1 minute 30. La prochaine étape, le montage, s’avère donc indispensable. Elle s’effectue avec un monteur et le rédacteur. Celui-ci doit savoir quelle histoire il veut raconter pour savoir quelles images conserver. Tout d’abord, le monteur et le rédacteur réécoutent toutes les interviews afin de sélectionner les passages intéressants. Puis il faut choisir des images pertinentes à mettre entre les interviews. Cela peut s’avérer compliqué de trouver les bonnes images, même si on a tourné beaucoup plus longtemps que la durée du sujet. Le rédacteur écrit alors ses commentaires, qu’il lira sur ces images. Le montage nécessite un réel travail d’équipe pour choisir les images, les passages d’interviews, et écrire des commentaires de longueur appropriée. De plus, nous avons constaté que les télévisions ont les capacités techniques d’enlever des hésitations ou des passages de discours et de fondre l’image : rien ne se voit, le résultat est vraiment impressionnant ! Le monteur nous explique que pour un discours politique, il insère un flash blanc lorsqu’il coupe le discours pour que les téléspectateurs le sachent, mais il a les capacités de faire en sorte que l’on ne voit rien. Il nous dit qu’il peut donc « faire dire n’importe quoi à n’importe qui », et que seule l’éthique l’en empêche. Enfin, lors de l’étape de mixage, la voix du rédacteur lisant ses commentaires est enregistrée et ajoutée sur les images. Ces deux étapes de montage et mixage doivent se faire très rapidement : il n’est pas rare que les images arrivent à 11h15 pour un sujet diffusé à midi …

Enfin, l’heure du direct arrive. Nous avons eu la chance de pouvoir assister au JT en direct sur le plateau. Même si la présentatrice parait souriante et posée à l’antenne, elle est en réalité toujours occupée à se replacer et à rectifier ses textes dès qu’elle n’est plus filmée, afin de tenir dans le temps imparti pour le journal. En effet, rappelons-nous que la durée du JT est prévue à la seconde près, il faut donc gérer les temps de plateau en fonction de la durée des sujets qui peuvent arriver à la dernière minute et des éventuels directs. Ainsi, il faut savoir gérer l’imprévu sans que cela ne se voit, parler en direct tout en ayant quelqu’un à l’oreillette disant de s’adapter.

Nous avons également pu assister à l’émission 9h50 le matin depuis la régie. Ainsi, nous avons vu le lancement des reportages, des directs, la liaison à l’oreillette avec le présentateur, et surtout la gestion des aléas du direct. En effet, comme la liaison avec l’envoyé spécial ne marchait pas, il a fallu envoyer d’abord un reportage, et donc demander au présentateur d’introduire le reportage et non pas le direct : celui-ci doit alors improviser. Ainsi, c’est tout le planning théorique avec l’ordre et la durée des interventions qui est modifié. Il était impressionnant de voir le rendu naturel à la télévision, alors que la régie était en ébullition afin de pallier cette absence de direct !

Ces deux jours furent extrêmement enrichissants et nous ont permis de nous rendre compte du travail nécessaire pour réaliser un programme télévisé. Nous remercions tous les membres de la rédaction du journal de France 3 Bourgogne, qui nous ont accueilli très chaleureusement, nous ont intégré à leurs activités et n’ont pas hésité à prendre de leur temps pour nous expliquer leur métier. Merci également à Mme Nowicki pour son accueil, et pour nous avoir prévu des activités si intéressantes.

Asp CHAILLARD et CROUSLÉ