Voyage des terminales en Alsace
28 septembre - 1er octobre 2017

Au Pays de la Choucroute
Autun, jeudi 28 septembre 2017. Comme à son habitude, le temps est maussade ce matin-là. Le soleil se cache encore derrière les nuages. Le ciel s’est drapé d’un long manteau gris, mais ce n’est pas un jour comme les autres au lycée militaire. Aujourd’hui, c’est le départ du voyage annuel des terminales. L’excitation est palpable parmi les élèves. Même les vrombissements des bus se font enthousiastes. Le départ est proche. Très proche… C’est le début d’un intense voyage qui n’aura pour autre étendard que le mot « Cohésion ». Direction Strasbourg, le Pays de la Choucroute.
Visite au Haut-Koenisbourg.
Le trajet reliant Autun à Strasbourg amena les lycéens dans les hauteurs des vallons alsaciens. Là-bas, tout là-haut, par-delà même les nuages, au sommet d’un col haut de 757 mètres, s’élevait, fier et resplendissant, le Haut-Koenisbourg. Ainsi, cet immense château vieux de cinq siècles offrait un panorama indescriptible. De la beauté, de la pureté, de la somptuosité. Tout en ce château rappelait un gigantesque colosse de pierre à la peau rougeoyante. Un ogre pourpre. Un géant immaculé. « Ce château dominait la plaine » diront sûrement certains. « Ce château dominait le monde » répondront les poètes. La visite du Haut-Koenisbourg représenta donc un véritable puits de connaissances duquel chacun des visiteurs conserva un petit quelque chose, propre à soi, qui l’avait marqué.
L’Eurocorps.
C’est au Quartier Général de l’Eurocorps que les élèves du Lycée Militaire ont élu domicile durant tout le séjour. Un endroit fort agréable où régnait sans cesse une atmosphère joyeuse, riche en convivialité. Il y avait des allemands, des français, des espagnols. On aurait pu croire que toute l’Europe s’était réunie en ce lieu. C’est ici, au coucher du soleil, que deux anciens du Lycée Militaire d’Autun offrirent aux élèves une conférence détaillée sur l’Eurocorps et sur son importance au sein d’une Union Européenne déclinante. Le public, aux anges, gratifia les deux orateurs d’une longue salve d’applaudissements.
Journée à Europa Park.
Il existe en ce monde un lieu magique,un lieu de fête, un lieu qui ne ressemble à aucun autre, plus incroyable encore que Poudlard, plus verdoyant que le jardin d’Eden. Ce lieu, les élèves du Lycée Militaire y sont entrés. Bienvenue à Europa Park !
Situé en Allemagne, à mi-chemin entre Freiburg am Breisgau et Strasbourg, l’Europa Park est un parc d’attraction gigantesque où les attractions sont légion et où affluent les visiteurs. Il y en a pour tous les goûts. Il y a ceux qui, comme Paul Bouquet, élève de Terminale Littéraire, préfèrent « les petits carrousels pépères », comme il les appelle. Et puis, il y a les audacieux, les téméraires, les intrépides. Ceux pour qui la vitesse est synonyme de plaisir, comme Ambroise Bruzeau, élève de Terminale S2. « J’aime les sensations fortes » nous disait-il le sourire aux lèvres. « J’ai dû faire le Silver Star une quinzaine de fois. Je maîtrise maintenant. »
Les lycéens ont passé la journée dans le parc d’attraction. Un jour de soleil, bien heureusement. On criait, on riait, on dansait. L’Europa Park s’était mué, ce jour, en un immense festival dont les élèves du Lycée Militaire étaient les principaux acteurs. Alors que certains profitaient du soleil pour déguster des glaces aux mille parfums, d’autres, moins gourmands s’extasiaient au sommet de tel ou tel grand huit ou autre Blue Fire.
Joie. Bonheur. Euphorie. C’est sur ces trois mots que cette journée à l’Europa Park s’est conclue. Identifier les élèves du Lycée Militaire d’Autun était chose aisée, ce jour-là. Tous affichaient un sourire digne du Chat de Cheshire. « Vive l’Europa Park ! » lança même l’un d’eux dans un accès d’enthousiasme. Sur le trajet du retour, les élèves proposaient déjà d’y retourner le lendemain. On leur avait cependant réservé tout autre chose pour la suite du voyage.
Brasserie Météor.
Strasbourg, capitale de l’Europe. Strasbourg, capitale du Grand Est. Mais Strasbourg, c’est aussi et surtout la capitale de la bière. Tout naturellement, les élèves du lycée militaire se sont donc rendus dans la plus importante brasserie familiale de la région. « Cela s’imposait. Lorsque l’on se rend à Strasbourg, il y a des lieux incontournables, des lieux remplis d’histoire où il faut absolument aller. La brasserie Météor en fait partie. » nous expliqua, les yeux pétillants, Luckas Girard, de Terminale STMG. Ainsi, les lycéens ont pu s’imprégner de tout le savoir-faire que mettait la Brasserie Météor à la confection de ces délicieuses boissons alcoolisées qu’on nomme Intensia, Fruité ou Tenebris. Enfin, la visite s’est conclue sur une grande séance de dégustation durant laquelle chacun put goûter la bière qui l’attirait le plus.
Visite guidée de Strasbourg.
C’est à ce moment précis du voyage qu’une question cruciale s’est posée : était-il possible de visiter Strasbourg sans déguster la fameuse choucroute locale ? Bien-sûr, la réponse était non. C’est donc dans cette ambiance festive si propre au Lycée Militaire que les élèves se sont attablés afin de goûter au précieux met. « Parfait », « Incroyable », « Magique ». Les mots qui s’échappaient du restaurant à la fin du repas étaient sans appel : les élèves aimaient la choucroute.
C’est sur le parvis de la rouge cathédrale de Strasbourg que s’est poursuivie la journée. Une grande visite de la ville avait été organisée. Malgré le vent qui soufflait, malgré la pluie qui tombait, la guide s’attelait à toujours intéresser les lycéens. Une phrase, une information. Une phrase, une information. Jonglant habillement avec humour et sérieux, elle captait l’attention du plus grand nombre. Que ce soit sur le sort de Strasbourg durant la Seconde Guerre Mondiale ou bien l’organisation du quartier de la Petite France, elle réussissait à étonner son auditoire par une anecdote croustillante ou un calembour salé. La visite terminée, elle laissa place à un gargantuesque quartier libre de cinq heures au coeur même de la ville. Les yeux des lycéens, désormais marqués du sceau du bonheur, purent apprécier d’eux-mêmes, les milles-et-unes merveilles que recelait la commune, un patrimoine historique unique dans une ville qui l’était tout autant.

Au Struthof. Dimanche 1er octobre 2017, dernier jour du voyage. C’est dans le tristement célèbre camp de concentration du Struthof-Natzweiler que les élèves du lycée militaire se sont rendus. Un lieu étrange. C’était l’un de ces rares lieux indescriptibles à l’empreinte pesante qu’on ne peut comprendre qu’en y étant allé soi-même. Situé au sommet d’un col, le camp paraissait vide. Vide ou presque, car l’endroit, incrusté de mille souvenirs, paraissait hanté par la Mort elle-même… Le Struthof était empli d’histoire. Cela, le guide qui fit visiter tout le camp aux élèves, l’explicita fort clairement. Il réussissait à redonner vie à ce qui était éteint. Chacune de ses phrases, chacune de ses paroles transpirait l’émotion. Les lycéens adoptaient, quant à eux, une attitude pleine de respect et de compassion. Ils se montraient également d’une curiosité jamais assouvie, comparable au mythique Tonneau des Danaïdes. Marchant là où l’illustre Général de Gaulle avait marché quelques décennies auparavant, ils écoutaient, dans un silence de cathédrale, le guide leur expliquer avec quelle dureté étaient traités les déportés, Face aux photographies d’époque, au four crématoire et au nombre astronomique de tombes présentes, le temps n’était plus au rire et à la plaisanterie mais au respect et au recueillement les plus sincères. D’un comportement toujours digne, les élèves du lycée militaire, gravèrent cette visite dans leurs mémoires comme d’un moment imprégné d’histoire et de savoir.

Le voyage des terminales ne se termina pas là, bien au contraire. Tout au long de l’année, les lycéens s’en rappelleront comme d’un tisseur de liens, un faiseur de joies, un précepteur de génie. Ainsi, entre instruction et amusement, c’est le mot « cohésion » qui s’élevait, haut dans le ciel, tel un soleil à son zénith, tel un drapeau flottant au vent.
Farèyne YAKER. TERMINALE LITTERAIRE.