Conférence de M MERCKEL : "le sport, un héritage inattendu de la Grande Guerre".
13 septembre 2017

Devant un public nombreux, composé de collégiens, de lycéens et d’étudiants des classes préparatoires, M. Michel Merckel, professeur d’EPS honoraire, est venu inaugurer le cycle des conférences du Lycée Militaire d’Autun, pour l’année scolaire 2017-2018.

Comme au cours des années précédentes, et ceci depuis 2014, la séance inaugurale a porté sur la Première Guerre mondiale et plus précisément sur un aspect peu connue de celle-ci avant les travaux de M. Merckel. Ce dernier fait en effet figure de référence dans son domaine, sur la base de recherches entamées il y a près de 40 ans et marquées notamment par la publication, en 2012, de l’ouvrage intitulé Le sport sort des tranchées, qui en est déjà à sa 4e édition. France 2 a d’ailleurs profité de ses travaux pour réaliser un documentaire. Il est aussi lauréat du prix La plume et l’épée 2013.
Avant de prendre le chemin de l’amphithéâtre du LMA, Michel Merckel a bien voulu rencontrer des élèves de la classe de CPES, pour leur présenter sa démarche d’auteur, l’origine de ses recherches, la méthode suivie, les buts recherchés. Au cours de cette petite heure de discussion, l’échange fut enthousiasmant et laissait augurer d’une belle conférence… ce qui fut effectivement le cas.

A partir d’un plan solide, marqué par des rappels réguliers aux grands événements propres à la Première Guerre mondiale, Michel Merckel a articulé son propos autour de trois grands thèmes. Il a d’abord montré comment, progressivement, dans une France pourtant peu sportive, les différents sports, parfois d’ailleurs au contact des autres armées alliés, se sont développés et ont fini par occuper une place importante, notamment à partir de 1917. Il s’est ensuite intéressé au legs de la Grande guerre, très important dans la mesure où les fédérations, la reconnaissance des femmes dans le sport (Jeux d’Amsterdam en 1928), la découverte du sport par et pour les mutilés de guerre sont autant d’héritages dont on s’inspire encore. De plus, les jeux olympiques, bien qu’ils ne soient pas nés de la guerre, ont été profondément marqués par celle-ci dès les jeux de 1920 à Anvers. Autant de découvertes que faisaient nos élèves quelques heures seulement après l’annonce officielle de l’attribution des jeux olympiques 2024 à Paris, qui les accueillera pour la première fois depuis 1924.
Enfin, Michel Merckel est revenu sur ces sportifs, parfois très connus, morts pour la France. Qui ne connaît pas l’athlète Jean Bouin et parmi les grands coureurs du Tour de France, les vainqueurs des éditions 1907, 1908 (Petitbreton), mais aussi 1909 et 1910 devaient disparaître pendant la guerre. Il en était de même pour des internationaux de Rugby, sport longtemps pratiqué par M. Merckel, qui rappelait alors que le trophée Dave Gallaher, mis en jeu entre la France et la Nouvelle-Zélande, trouvait son origine dans le nom du capitaine des fameux All Blacks, mort près de Passchendaele. Alors que les écrivains avaient leur plaque au Panthéon, rien n’avait été imaginé pour les sportifs jusqu’à l’inauguration d’un monument réalisé par Jean-Pierre Rives, le célèbre ancien… rubgyman, ce sport si prisé par nos élèves.
C’est sous des applaudissements redoublés et sincères que s’est achevée cette belle conférence.

Jean-Philippe Passaqui
Agrégé d’histoire
Docteur en histoire contemporaine