La CPES aux Télots -Autun
3 mai 2017

Les Cadres du Lycée militaire d’Autun et la CPES Iéna découvrent la friche industrielle des Télots

La découverte de la célèbre friche des Télots au sein de laquelle figurent de nombreux vestiges d’une exploitation de schistes bitumineux a pris, cette année, une forme originale puisque des cadres militaires et des enseignants du Lycée militaire d’Autun se sont joints à la classe de CPES Iéna. Sous le commandement du Colonel Schmitt, Chef de corps du LMA, en présence de la Chef d’escadron Loreille, Commandant du groupement Lycée, de MM. Raggi et Savary, respectivement Proviseur-adjoint et Principal-adjoint, deux enseignants, MM. Silvas et Passaqui, ont proposé un regard croisé, associant présentations géologique, historique, du patrimoine nature et du patrimoine industriel de cette vaste zone. Pour pareil intérêt pour ce site ?

Autun est restée célèbre dans l’histoire de la géologie mondiale pour avoir fourni le stratotype à l’origine de la naissance d’un étage géologique : l’Autunien, qui appartient au Permien (sommet de l’ère primaire). Les exploitations minières successives qui ont été implantées dans le bassin d’Autun ont permis de préciser les caractéristiques du sous-sol et ont été à l’origine de la création du stratotype. Dans le même temps, les exploitants, conscients de l’intérêt des découvertes de fossiles réalisées au cours de l’avancée des travaux, ont favorisé la création de collections de réputations mondiales dont les échantillons les plus significatifs sont encore conservés dans les fonds du muséum d’histoire naturelle d’Autun ou exposés dans les vitrines de la galerie de Paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle.

Ces découvertes accompagnent la mise en valeur d’une richesse minérale originale dont l’exploitation est restée relativement confidentielle au cours du XIXe siècle, avant de perdre presque tout intérêt économique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit du schiste bitumineux. Si le charbon constitue une matière connue et abondamment utilisée au cours du XIXe siècle, il n’en est pas de même pour le schiste bitumineux. Il s’agit en fait d’une argilite calcaire contenant une importante quantité de débris végétaux et animaux dont le degré de maturation est insuffisant pour donner naturellement du pétrole mais qui peut fournir une matière identique, après distillation. C’est un thème d’étude qui retient actuellement l’attention de M. Passaqui, professeur d’histoire des CPES. Ce dernier prépare à ce sujet un mémoire inédit en vue de l’obtention du diplôme de l’habilitation à diriger des recherches (HDR).

À travers la visite de la friche industrielle de l’ancien site de Télots, le groupe a pu découvrir cette industrie techniquement passionnante, à défaut d’avoir été économiquement viable. Outre les méthodes d’extraction de ce schiste ont été présentées les conditions de production d’huile lampante puis de carburant, de l’essence comme du gasoil. En marge des thèmes habituellement retenus pour cette visite, les participants ont pu bénéficier d’informations inédites, relatives à l’importance prise par l’abbé Landriot dans la découverte des fossiles à proximité de ce site. Or, le lien entre ce personnage, futur archevêque de Reims, et les murs du Lycée, est particulièrement fort puisqu’il a enseigné, au petit séminaire, au début des années 1840, ce qu’on appelait alors l’histoire naturelle. C’est lui qui a amené des personnages importants dans l’histoire de la paléontologie - on pense à Brongniard -, à venir séjourner dans l’Autunois pour effectuer des prélèvements. Il a aussi profité du fonçage des premiers puits de mine, pour la houille comme pour le schiste, afin d’étudier, sur place, les empreintes végétales fossiles. Landriot semble aussi avoir exercé une influence décisive sur les orientations sociales de Frédéric Le Play, le célèbre ingénieur des Mines et sociologue, qui est venu à Autun en 1841, au tout début de sa carrière. Or, par un curieux hasard, un élève de la présente CPES est un descendant d’un Leplaysien connu : Gabriel Olphe-Galliard.
Enfin, M. Silvas, professeur de SVT du LMA, a présenté le projet de nouveau muséum d’histoire naturelle qui sera implanté à proximité du site des Télots et auquel il participe comme membre du conseil scientifique de ce même muséum.