Voyage "devoir de mémoire des classes de troisième"

Voyage "devoir de mémoire des classes de troisième du 14 au 16 octobre 2016"

Depuis quelques années les élèves de troisième du collège du Lycée militaire d’Autun ont pris pour habitude de participer à un voyage, au cœur de la Meuse, aux alentours de Verdun afin d’y réaliser un travail de terrain sur ces lieux de mémoire puis aussi d’y adjoindre un volet artistique en se rendant à Metz au centre Pompidou, annexe du centre Pompidou de Paris.
Culture et Arts
Après un départ matinal le 14 octobre, nous nous sommes donc rendus en convoi à Metz pour une visite guidée de deux expositions :-
-  Celle de « Musicircus », explorant les liens entre arts visuels et musique à travers une quarantaine d’œuvres « phares » de la collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne.
-  Celle d’arts plastiques « entre deux horizons » présentant les visages français et allemands de l’art moderne à travers la collection du Saarlandmuseum.

Nos professeurs nous avaient préparé des questionnaires à caractère pédagogique qui nous ont permis d’aborder de manière plus individuelle ces expositions et de développer notre curiosité
Le soir venu, nous fûmes logés à la maison familiale et rurale de Damvillers.

Sur les lieux de mémoire
Le lendemain, nous commençâmes notre « devoir de mémoire » par la visite extérieure du Fort de Douaumont, encore bien réel malgré toutes ces années à subir l’érosion et l’humidité de la région, comme nous la découvrîmes ce jour-là.

Nous fûmes stupéfaits par la déformation des lieux avoisinant le fort. Il faut savoir que la zone e reçu pas moins de 6 obus au mètre carré en 1916 !
Nous pûmes profiter également de la réalisation d’une reconstitution d’un boyau de tranchée qui nous appris beaucoup sur les conditions de vie et de combat.
Encore plus surprenant fut la visite du village de Fleury où plus rien ne subsiste. Des petites pancartes indiquent seulement les emplacements des maisons et commerces de ce village de 400 habitants

Ensuite en repassant à proximité de Douaumont, la visite de l’ossuaire et du cimetière était incontournable : Quelle désolation devant toutes ces tombes sous ce ciel gris, mais peu à peu celui-ci se découvrit et ce moment silencieux fut empreint de solennité.

L’après-midi, nous nous rendîmes à la bute de Vauquois ou du moins ce qu’il en reste, pour une visite guidée sur la guerre des mines au travers du paysage truffé de cratères, provoqués par les explosions, plus gros les uns que les autres. Le guide nous expliqua qu’un village se trouvait ici avant, nous n’en avons pas vu une pierre pour dire ! tellement la destruction du paysage était totale ! Ce fut aussi l’occasion de découvrir des tranchées allemandes reconstitués

Puis nous passâmes quelques temps dans le plus grand cimetière américain d’Europe (relatif à la première guerre mondiale), ce qui nous rappela l’étendu du conflit.
Le soir, nos encadrants décidèrent de nous offrir quelques heures, pour se détendre dans Verdun afin de passer un bon samedi soir entre amis.
Toute la région de Verdun porte des séquelles de la guerre. Une grande partie se trouve toujours en zone rouge.
La bataille de Verdun reste la plus symbolique pour tous les français car pratiquement chaque famille a été touchée et a vu un de ses membres s’y battre au nom de la France. Partout où l’on se déplace dans la Meuse, nous trouvons des tombes et des trous d’obus. La région vit beaucoup de ce tourisme de mémoire et c’est bien normal car tout français doit savoir ce qui lui a permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. C’est ce que nos supérieurs ont voulu nous faire comprendre, je pense, lors de ce voyage de mémoire et de temps de recueillement. C’est aussi et peut-être surtout prendre pleinement conscience des horreurs de la guerre.
Le dernier jour avant de rentrer à Autun, nous sommes allés visiter la ligne Maginot et son ouvrage du Hackenberg ! C’est tout simplement un chef d’œuvre de l’armée française qui donna, en son temps, quelques fils à retordre aux envahisseurs.
Ce fort des années 30 traduit la volonté de la France de ne plus jamais faire subir les conditions de vie et de combat des tranchées en protégeant sous terre, à l’abri, ses citoyens en guerre.

Auteur : Thibault RICHARDOZ, élève de classe de 3ème B