[Grand Angle] Dans les dédales du LM-AUTUN

[Grand Angle] Dans les dédales du LM-AUTUN

C’est une ville dans la ville. Le lycée
militaire d’Autun reçoit des élèves
depuis 1886. Avec une ligne de conduite :
« aide à la famille ». Des élèves presque comme les autres…
« Bonjour, mon capitaine.  » Rapide poignée de main donnée dans le couloir,

entre deux salles de cours. Ici, tout le monde connaît le capitaine Claude Lefèvre. Il plaisante avec les adolescents. S’inquiète de leurs derniers résultats sportifs. Salue les jeunes filles. Plaisante avec les autres personnels, militaires comme lui, ou civils.
Aujourd’hui, c’est lui, un “ancien”, qui nous guidera au sein du lycée militaire d’Autun. Les journalistes sont les bienvenus dans cet ancien grand séminaire situé sur les hauteurs de la ville de Saône-et-Loire. Entre l’envie de se faire connaître, de déclasser les idées reçues, de montrer que cette mini-société n’est que le reflet de la grande. Ou presque.
La présentation des activités du lycée se fait à deux voix. Celle du colonel Michel Schmitt et celle de Philippe Tamisier. Le chef de corps et chef d’établissement et le proviseur (lire ci-dessous).
Le premier détaillera l’histoire d’un des plus anciens lycées militaire de France. Son évolution. Ses missions. Le second ira plus en profondeur sur l’organisation des cours, des enseignements. Des enseignements très classiques, puisque les professeurs sont issus de l’Éducation nationale (« détachés sur la base du volontariat »).
Le lycée militaire d’Autun est un lycée public, sous l’égide du ministère de la Défense. Schématiquement, aux militaires l’organisation des temps périscolaires, en dehors des horaires de cours. Aux enseignants… l’enseignement. Mais, ces deux “équipes” travaillent ensemble. Imbriquées. Forcément.
D’autant plus qu’ici, tous les élèves sont internes. Week-ends compris, à quelques très rares exceptions. Les familles sont loin, parfois à l’étranger. Les élèves vivent à Autun. À 100 %. Ce qui explique que l’histoire de la ville et celle du lycée soient, elles aussi, totalement imbriquées…
Tous soucieux de la même chose : le bien-être des élèves. Comme dans n’importe quel

établissement scolaire. Sauf qu’à Autun, les élèves viennent d’horizons différents et pas du quartier. Les familles ont souhaité les inscrire là pour des raisons très personnelles. Parfois douloureuses.
Résultats probants
« Notre première mission est l’aide à la famille », détaille le colonel Michel Schmitt. À la rentrée de septembre, le collège a intégré 52 élèves de 6e. Pour 96 demandes.
« Avant tout, nous prenons en compte la situation sociale de la famille et non les résultats scolaires de l’enfant. Et notre point d’honneur est de les amener le plus loin possible. On leur donne, à tous, la même opportunité. À eux de la saisir. De travailler. Mais moi, ici, je vois que l’ascenseur social fonctionne. » Pas d’élitisme dans les rangs d’Autun. Plongés dans un environnement très encadré, les élèves n’ont plus qu’à… travailler.
« On leur donne une chance. Même sur le plan culturel. On travaille sur des sorties pour qu’ils s’ouvrent à un maximum de choses », insiste le colonel Michel Schmitt. Et le proviseur de pointer le fait qu’au total, le lycée accueille « entre 30 et 40 % de boursiers ».
Scolairement, les résultats sont là. Entre 95 % et 99 % des élèves seront bacheliers en juin. Avec 60 % à 70 % de mentions. Aux diplômés de prendre la voie qu’ils souhaitent. Une voie militaire ou tout autre. Mais, leur passage au lycée militaire d’Autun n’aura jamais été neutre.
En 2015. 232 collégiens, dont 65 filles ; 416 lycéens, dont 124 filles ; 126 étudiants en classes préparatoires, dont 27 filles. Au lycée, la série L a été la dernière créée, en 2013.
Laure Brunet SAONE-ET-LOIRE BOURGOGNE
France / Monde