Les Cadets ECO1 à Epinac

Les cadets ECO1 Saoudiens à la découverte d’une cité minière modèle,
La Garenne, à Epinac

Le XIXe siècle a été marqué en France par l’apparition de grandes exploitations minières, nées le plus souvent de la découverte et de l’extraction de la houille ou du minerai de fer. Confrontés à la nécessité de recruter et de conserver une main d’œuvre ouvrière grandissante, les exploitants miniers ont précocement réfléchi à la possibilité de fixer leurs ouvriers à proximité des puits d’extraction.

Dans la région, le modèle le plus abouti de cités ouvrières reste le fait de la compagnie des houillères et du chemin de fer d’Epinac, avec la cité de la Garenne, d’où l’intérêt que la classe a décidé de lui porter, dans le cadre d’une leçon In Situ, consacrée aux transformations sociales en France, au XIXe siècle. Cette cité est née d’un constat propre à l’ensemble des houillères régionales. Les mineurs ont conservé des attaches agricoles fortes. La plupart d’entre eux restent de petits propriétaires qui délaissent les travaux miniers, dès lors qu’ils sont accaparés par leur modeste exploitation agricole. À l’origine, cette double activité est plutôt bénéfique pour la compagnie minière. Le travail à la mine restant secondaire, les ouvriers sont en mesure, comme l’a montré Immanuel Wallerstein d’accepter des salaires plus faibles que s’ils se contentent d’une activité unique. En outre, leur présence à la mine correspond aux ventes qui augmentent à la fin de l’automne pour répondre aux besoins de la clientèle domestique. Celle-ci utilise la houille pour son chauffage. Mais avec l’essor de la grande industrie et l’extension des usages des combustibles minéraux, dans les usines, après les années 1830, la consommation de charbon a tendance à devenir plus uniforme et à moins dépendre des saisons. Il devient nécessaire d’extraire le charbon régulièrement, dans la mesure où celui-ci supporte mal d’être stocké sur le carreau des puits. Il se dégrade et donc se dévalorise rapidement. La reprise de la croissance économique au cours des années 1850 vient provoquer une prise de conscience de la part des administrateurs d’Epinac.

Cette compagnie minière entre dans une logique de concentration de l’activité extractive sur quelques puits, celui de la Garenne étant amené à être le principal point d’élévation du charbon. C’est donc sur ce site qu’une première cité est construite, celle que la classe de cadets a découverte. Ce bref séjour à Épinac a aussi permis de parcourir l’ensemble du bourg minier, au cœur des Routes de l’énergie, développées par le muséum d’histoire naturelle d’Autun. La classe a notamment pu étudier attentivement le puits Hottinguer et son système d’extraction unique en Europe, ainsi que le chevalement du puits des Fourneaux, à Saint-Léger-du-Bois.

Jean-Philippe Passaqui