Les CPES au Creusot

Les Cpes du Lycée Militaire d’Autun, au colloque organisé au Creusot sur le thème « La désindustrialisation, une fatalité ? »

Depuis que la classe de CPES a été créée, il y a six ans, les différentes promotions qui se sont succédé ont été amenées à participer à des conférences, des colloques organisés par l’Académie François Bourdon, au Creusot, et marqués par la présence d’universitaires de renom, d’industriels voire de grands témoins. Le thème proposé était, cette fois, celui de la désindustrialisation.
Les élèves ont notamment écouté avec attention et intérêt les interventions autour des mutations du site industriel du Creusot, qui fut pendant des décennies un des grands bastions de l’industrie lourde française. En 1984, alors que le site, via Framatome, est un des acteurs industriels majeurs dans la fabrication des équipements destinés au développement du parc nucléaire français, qu’il fournit une des pièces les plus importantes des TGV, à savoir les bogies, il est touché de plein fouet par la faillite de Creusot-Loire. Celle-ci reste la plus importante de ce type dans l’histoire de France. Il faut à la fois pérenniser ce qui peut être sauvé, tout en préparant le rebond futur. En fait, ce n’est que depuis le début des années 2000 que la reprise se manifeste. Des entreprises comme General Electric et Areva se sont implantés et ont développé, modernisé, les sites existants. D’autres, comme Haulotte, ont profité de la présence de commodités industrielles et d’un réseau de sous-traitants dense pour pouvoir s’installer. Le contexte énergétique européen, avec les investissements dans l’éolien, a encouragé Francéole (site visité par les CPES en 2012) à suivre cette voie.
C’est cette histoire douloureuse d’abord, plus encourageante désormais que nos élèves ont découvert. Ils ont ensuite pu constater, avec d’autres cas, que les questions concernant la reconversion/désindustrialisation ne sont pas nouvelles. Elles ont même touché le Royaume-Uni depuis le XIXe siècle jusqu’à aboutir, un siècle plus tard, à la quasi-disparition d’une industrie qui a pourtant porté depuis la fin du XVIIIe siècle la suprématie de ce pays. Mais dans toutes les situations évoquées, les causes de ce processus sont complexes, variables, et surtout difficiles à endiguer sans une ambition politique forte autour d’une démarche industrielle portée ou accompagnée par l’État.
La pause médiane a été consacrée à la découverte du Parc de la Verrerie et de son impressionnante collection de canons en bronze.